

Solstice d'hiverSOLSTICE DHIVERSolstice d'hiver
Dès quil ouvrit la porte, une giclée dair hivernal lui transperça les os. Cétait un vent humide et persistant qui dans sa valse, transportait une multitude de fragments de glace suspendus dans latmosphère, les prodromes dun hiver long et impitoyable. De cette saison auraient dû sécouler des mois apportant le doux confort de la solitude parmi leurs rafales et tempêtes hurlant là, juste derrière cette porte de bois qui maintenant ouverte, attirait lhomme vers limmuable réalité du dehors, la


Confession de Nicolas AbelardC’est elle qui l’a fait. Mais moi je l’ai suivi, ce qui me rend donc tout aussi coupable. Le 5 novembre de l’année 2005, j’avais reçu un coup de fil de sa part. Je n’étais pas chez moi, mais au musée où je travaillais. C’était une de ces journées paresseuses, où les minutes s’écoulaient à une allure de grains de sable: une par une. J’avais pris mon petit-déjeuner, brossé mes dents, enfilé ma veste noire, comme d’habitude; et j’ai pris le bus numéro 15 au coin de Laflèche et d’Elzéar, comme d’habitude; et les rues étaient grises, comme d’habitude. C’est drôle, mais ce jour là j’avais justement eu l’impression que ma vie ne changerait jamais. MConfession de Nicolas Abelard


Les moutonsLa première fois que Aleksandr Joukov désobéit à quelqu’un, c’était loin d’être un acte anodin. La première fois que ce jeune homme docile refusa d’exécuter un ordre, il devint immédiatement un hors-la-loi, un traître à la nouvelle République Libre de Biélorussie. Le pays en question n’était pas né d’hier; au vingtième siècle, on l’avait appelé parcelle de l’URSS, Biélorussie ou Bélarus. Mais depuis trois ans, dès 2014, on avait apprit à la surnommer RLB , avec la venue du nouveau dictateur nationaliste, Magnus Véliadkine, dit l’homme de fer. Il était le titan, le libérateur du pays - cheveux noir de jais, yeux perLes moutons


Correspondance de guerre.Mon Cher Paul,Correspondance de guerre.
Il y a déjà trois mois que je vous ai quittés, maman et toi. Chaque journée que je passe en ces lieux funestes me fait penser avec envie aux quatorze ans que tu as la chance d’avoir et qui t’empêchent d’aller courir vers ta propre mort.
De l’aube jusqu’à la nuit noire, je parcours ces infectes balafres de la terre que nous appelons dans le jargon militaire “des tranchées”. Ces dédales répugnants sont devenus mon univers en entier: il n’y a que les défendre qui soit important, ainsi que chercher à voler celles des ennemis. C’est notre seule mission,
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Dire "mort aux cons" serait parler du plus grand génocide au monde.
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Dire "mort aux cons" serait parler du plus grand génocide au monde.
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